... et je n'ai toujours pas commencé mes cadeaux !!

Il faut dire que ce n'est pas dans mes habitudes. D'habitudes je dcommence à réfléchir et éventuellement à créer dès le mois d'octobre. Il faut dire que ça prend du temps de fabriquer soi-même les cadeaux qu'on veut offrir.
Pourquoi offrir des cadeaux faits maison ?
- Pour faire des économies ? Alors là je vous arrête tout de suite, ça ne marche pas comme ça. Bien sûr, sur quelques petits cadeaux ça peut être vrai. Faire des chocolats maison, ça coûte moins cher que de les acheter tout prêts chez un grand chocolatier. Mais en fait ce genre de motivation ne tient pas vraiment la route. Par exemple vous décidez de tricoter une écharpe. Vous allez donc prendre une jolie laine, originale ou de bonne qualité ou les deux... Vous en prenez 3 pelotes... Il est peu probable que vous en ayez pour moins de 15€ (ça peut même être pas mal plus). Si en plus vous devez acheter les aiguilles (certes c'est un investissement sur le long terme, elles vous resserviront), vous payez aussi cher, si ce n'est plus qu'une écharpe du commerce.
- Parce que vous voulez faire un cadeau vraiment original, que personne d'autre n'aura, qu'on ne pourra pas échanger en magasin... Et comme ça si ensuite vous le retrouvez sur ebay ,vous saurez d'où vient le coup bas et combien on apprécie vos créations (désolé, je fais du mauvais esprit).
- Parce que c'est une plus grande preuve d'amour de passer des heures sur une broderie que 10 minutes en caisse (bon en décembre le week end ça peut aller jusqu'à une demi heure, c'est vrai).
- Parce que comme ça les enfants aussi peuvent participer... sans les restreindre au collier de nouilles.
- Parce qu'on préfère passer une après-midi en cuisine / à tricoter / à crocheter / à broder / à coudre devant la télé que dans les magasins un dimanche de décembre.
- Parce que les grands-mères qui ont déjà tout et besoin de rien (ça marche aussi avec d'autres personnes que les grands-mères, mais j'ai remarqué que le coup venait souvent de par là), ça au moins ça leur fait plaisir, même si ça n'est pas utile.
- Parce que les quatre années précédentes, j'ai déjà offert un livre sur les bateaux / les motos / les voitures / etc. (rayez la mention inutile) et que les éditeurs n'en ont pas sortis de nouveau, donc il a bien fallu que je trouve autre chose.
- Parce qu'il y en a marre de consommer pour consommer et qu'on veut retrouver le vrai esprit des fêtes de noël autour de la famille, de la convivialité et du partage. Ou parce que les jouets qu'on fait aujourd'hui, tout en plastique, sont vraiment moches.
- Parce qu'on aimerait bien que quelqu'un en fasse autant.
Et si on retrouvait l'esprit de noël
Attention, voici ma tendance bio-écolo-consom'acteur qui ressort (ça lui arrive de temps en temps) mais promis je ne suis pas là pour faire la morale.
Moi j'adore les gros tas de cadeaux au pied du sapin. Comme quand j'étais gosse, je ne peux pas m'empêcher d'évaluer pour savoir qui a le plus gros et voir si on a pensé à moi et je ne serais pas un peu lésée, sans mal le prendre bien sûr. Quand j'étais enfant, mes cousines avaient très souvent un tas plus gros que le mien. C'était logique et mathématique : j'avais commencé à ouvrir mes cadeaux dès le matin et elles les recevaient tous ensembles à midi quand moi je n'avais plus que deux ou trois cadeaux à ouvrir. Mais ça laisse quand même un sentiment un peu désagréable. Du coup, je suis toujours ravie quand mon tas de cadeaux est conséquent et je préfère plusieurs petits cadeaux à un seul gros.
Mais passer des heures et des heures à déballer des cadeaux pendant que la dinde finit de trop cuire... offrir des cadeaux parce qu'il le faut ou pour se faire bien voir... voir les enfants crouler sous les cadeaux tant est si bien qu'ils ne savent plus avec quoi jouer... mettre 3 jours à se remettre du repas qui suit... essayer à tout prix de se prouver que tous ces objets nous rendent heureux... c'est épuisant et ce n'est pas vraiment ça l'esprit de noël.
Alors non, je ne suis pas de ses radicaux qui veulent supprimer le foie gras, proposer un repas de réveillon végétarien ou n'offrir qu'un seul cadeau par personne (pire, ne rien offrir du tout !), mais j'aimerai retrouver un peu de mesure.
En ce sens, je renonce aux cadeaux de dernière minute, je chercherai des cadeaux qui font vraiment plaisir et si je décide d'offrir une boite de chocolat, je la choisirai avec soin et j'essaierai de savoir si la personne préfère le chocolat au lait ou le chocolat noir. Je ferai attention à ce que je mettrai dans mon assiette et surtout aux proportions : ce n'est pas parce que c'est bon qu'il faut se rendre malade.
Et surtout, je renonce à la logique de potlach dans le choix de mes cadeaux. Je m'explique : le potlach est une logique d'échange qui a été étudié chez les indiens (ceux avec des plumes) par l'ethnologue Marcel Mauss mais que l'on retrouve dans beaucoup d'autres régions. Dans le potlach des groupes de gens, souvent les chefs, échangent des cadeaux. Celui qui fait le plus beau cadeau (souvent le plus coûteux) se voit reconnaître une suprématie sur les autres. Il peut ainsi occuper les plus hautes fonctions et est reconnu comme le chef. Je me demande de plus en plus si, quand on noie nos proches sous les cadeaux (et je reconnais que je suis la première à le faire), ce n'est pas une façon de reproduire ces logiques et d'essayer de prendre l'ascendant sur eux. Donc cette année, je m'engage à faire un seul cadeau bien choisi mais sans esbrouffe et ceci est valable même pour mon chéri (chaque année on fait le concours de celui qui offrira le plus et le plus beau cadeau mais ça devient vraiment ridicule à la longue, même si ça nous amuse). Bon peut-être que je transigerai à deux ou trois cadeaux pour le chéri, mais c'est que je l'aime tellement...