L'histoire du costume est une grande aventure, que je vous propose de partager : anecdotes, mais aussi techniques de reconstitution ; costumes historiques, mais aussi costumes de film et de GN
Ce que j’appelle des brassards sont des pièce de tissu que l’on porte sur les avant-bras par-dessus la chemise. Est-ce historique ? Je ne sais pas trop, mais je dirai plutôt que non car je n’en connais pas de représentation. Ils évoquent toutefois les manches détachables du Moyen Age que l’on attachait aux épaules par des aiguillettes. En tout cas, ça rend plutôt bien.
Le mieux dans cette affaire, c’est que ces brassards sont faciles à faire. Et voici un petit tuto.
Le patron est un trapèze dont la base la plus large correspond au tour du bras au niveau du coude et la base la plus étroite au tour du poignet. La hauteur correspond à la longueur de l’avant-bras. On peut créer des variations autour de ce patron en faisant varier la forme des bases du trapèze.
Je vous propose deux versions des brassards :
Le brassard rembourré (assorti au gambison).
J’ai donc découpé une épaisseur dans le lin, une épaisseur dans le lainage bleu, en ajoutant à chaque fois un cm pour les coutures, ainsi qu’une épaisseur (ou deux) de molleton.
J’ai ensuite assemblé le lin et le lainage avec une couture à 1cm du bord sur les 4/5e du tour. J’ai retourné le brassard pour le passer sur l’endroit. J’y ai glissé par la fente laissée ouverte le molleton. A la main j’ai refermé le brassard. Puis à la machine j’ai rajouté des dessins en surpiqûre. Ici, j’avais modifié le trapèze en rajoutant une pointe vers le coude et vers le poignet et j’ai choisi de suivre ce motif par des lignes parallèles pour orner le brassard.
Pour finir il faut ajouter les œillets qui permettront de passer les liens qui retiendront les brassards.
Le brassard en cuir.
Pour ces brassards j’ai utilisé des restes de cuir. Les morceaux étaient trop petits pour en faire grand-chose, c’était donc l’occasion de les recycler.
J’ai tracé le patron en arrondissant les bases du trapèze pour former une pointe. J’ai ensuite découpé deux fois ce patron dans une toile (je crois que c’est du gros coton).
J’ai pris les morceaux de cuir et je les ai cousus sur une épaisseur de toile, envers du cuir posé sur l’endroit de la toile. J’ai cousu directement sur l’endroit du cuir en suivant les bords… de toute façon le cuir ne risque pas de s’effilocher. J’ai ainsi constituer une sorte de crazy patch de cuir. Pas d’inquiétude pour votre machine, elle devrait y arriver si le cuir est suffisamment fin et si vous choisissez une grosse aiguille (90 ou 100, ou encore ce que l’on trouve sous le nom d’aiguille pour jean).

Pour assembler l’épaisseur de patch et la doublure (la deuxième pièce de toile), j’ai opté pour un biais, ce qui m’a semblé plus facile qu’une couture traditionnelle. Bien sûr, si on veut une belle finition, cela oblige à coudre la fin du biais à la main. L’idéal est de coudre le premier coté du biais à la machine du coté cuir, puis de coudre l’autre coté du biais à la main du coté toile (ce qui est beaucoup plus facile que de faire l’inverse).
Il ne vous reste plus qu’à poser les œillets pour finir le travail.
Pour chacun des brassards, je ne donne l’explication que pour une pièce, il faut donc les multiplier par eux pour en obtenir une paire.