Coup de projecteur sur une exposition qu'il faut se dépêcher d'aller voir... car elle ferme le 12.
Il s'agit de l'exposition du trousseau de la reine Marie-José d'Italie, surnommée la reine de mai car son règne se déroula du 9 mai au 2 juin 1946, date à l'aquelle la monarchie italienne fut abolie. L'exposition se déroule à la fondation Mona Bismarck qui se trouve avenue de New York. La mise en scène est de Givenchy. L'exposition compte dix magnifiques manteaux de cérémonie, vingt ensembles de soirée et des effets personnels de la reine d’Italie Marie-José de Savoie (1906-2001).

Une rapide biographie de la dame en question.
Marie-José fut brièvement reine consort d’Italie. Son court règne de 24 jours, du 9 mai 1946 (abdication de son beau-père, le roi Victor-Emmanuel III) au 2 juin 1946 (abolition de la monarchie italienne par plébiscite) lui valut le surnom affectueux de “reine de mai.” Marie-José était plutôt touchée par ce titre : « J’ai été surnommée reine de mai » disait-elle « Ce nom ne me déplaît pas… car le mois de mai est certainement une belle saison dans notre Italie. »
Née le 4 août 1906, Marie-José Charlotte Sophie Amélie Henriette Gabrielle de Saxe Cobourg-Gotha, princesse de Belgique, était le troisième et dernier enfant du prince Albert, futur roi de Belgique, et de son épouse, l’ancienne duchesse Élisabeth de Bavière, nièce de l’impératrice Élisabeth d’Autriche. Lors de l’invasion allemande de la Belgique en 1914, la famille royale dut quitter Bruxelles pour s’installer à La Panne, d’où le roi Albert organisa la résistance de l’armée belge. La reine Élisabeth se consacra aux soins infirmiers (bien plus tard, pendant la campagne d’Abyssinie, Marie-José suivrait les traces de sa mère en devenant inspectrice de la Croix-Rouge italienne).
Marie-José fut élevée dès la naissance dans la perspective de son mariage avec le futur roi d’Italie. C’est pour cela qu’on l’envoya étudier au couvent du Poggio Imperiale, près de Florence, où elle apprit l’italien. Elle rencontra alors Humbert, prince de Piémont. L’héritier du trône apprécia assez cette jeune fille blonde, grande et enjouée, pour envisager que leurs parents arrangent leur union. Après l’annonce de leurs fiançailles à Bruxelles en 1929, leur mariage fut célébré au Quirinal le 8 janvier 1930.
Quatre enfants naquirent de ce mariage. Marie-José vécut longtemps à Naples puis se réinstalla à Rome en 1940. Elle fut populaire pour le rôle qu'elle joua auprès de la Croix Rouge. Détestant Mussolini, elle essaya de mettre en rapport les résistants italiens et la famille de Savoie, malgré la colère de son beau-père, le roi Victor-Emmanuel III. Toutefois après la guerre ces actions furent peu reconnues car personne ne voulait être soupçonné d'avoir parti lié avec l'ancien régime.
Au moment de son mariage un concours fut lancé pour savoir quel couturier réaliserait son trousseau. Les Français posèrent leur candidature, mais on préféra des couturiers italiens pour mettre en valeur l'industrie nationale (cela correspond bien aux idées du fascisme qui se développe alors). Toutefois les couturiers italiens avouaient eux-mêmes qu'ils s'étaient très largement inspirés des couturiers français et en particulier de Madeline Vionnet. C'était de la couture française à la mode de Turin.

Une des très belle pièce exposée est constituée par le voile de mariée, la seule pièce du trousseau qui n'avait pas été fabriquée en Italie, puisqu'il était de dentelle de Bruxelles. Il mesure 4m et est un mélange de dentelle à l'aiguille et de dentelle au fuseaux.
Les manteaux de cour sont aussi très intéressants et en se penchant on peut voir comment ils sont fixées.
Cette exposition est bien montée car un jeu de miroir permet de bien voir les pièces. En plus, comme les robes ne sont pas derrière une vitrine, on peut les regarder de très près et apprécier tous les détails de broderie, de dentelle, de coupe... Même si ce 'nest pas très élégant de faire une expo à genou.
En revanche le catalogue est décevant : il y a très peu de photos, de qualité médiocre, les robes ne sont pas mis en valeurs et l'essentiel du catalogue est constitué d'une histoire de l'Italie et de l'histoire des fondations responsable de l'exposition.