L'histoire du costume est une grande aventure, que je vous propose de partager : anecdotes, mais aussi techniques de reconstitution ; costumes historiques, mais aussi costumes de film et de GN
Pour ceux qui cherche ce qu’est la Renaissance et l’humanisme, je vous renvoie aux articles de Wikipédia, car vous allez vite comprendre que je n’en donnerai pas ici une définition traditionnelle.
En ce moment je m’intéresse beaucoup à la Renaissance. J’ai comme projet de coudre pour moi et mon mari un ensemble de cette époque pour le mois d’octobre, pour aller au bal Renaissance de Chambord. Pour l’instant je n’en suis qu’à la phase de recherche.

J’ai donc feuilleté quelques livres d’histoire de la mode sur cette période. Et dès que vous ouvrez un livre d’histoire de la mode au chapitre de la Renaissance, ils commencent tous par vous expliquer ce qu’est la Renaissance en Italie, combien la démarche est novatrice, combien l’antiquité est à la mode, combien l’homme est au centre (parce que d’après eux humanisme vient d’homme alors qu’il vient des Humanités). Et on vous déroule la pelote bien connue de la Renaissance mélangé à l’humanisme où on trouve pêle-mêle le sfumato, les auteurs antiques, la philosophie, la perspective... Très vite, on en vient à l’idée que le corps est conçu d’une façon complètement différente de la période médiévale (ce qui n’est probablement pas faux), que le corps est plus libre, plus apprécié, que l’on recherche la beauté physique et que tout cela explique la mode de cette époque. On lit aussi que l’Italie va influencer toute l’Europe.
Il me semble qu’il y a une part énorme de fantasme derrière cette approche des choses. Les humanistes ont bien construit leur entreprise de propagande. En distinguant la Renaissance (terme forcément positif) du Moyen Age (terme au mieux pas négatif), ils ont bâti l’idée d’une supériorité de l’antiquité et de la Renaissance par rapport aux autres âges considérés comme barbares (gothique renvoie au peuple goth au Ve siècle). Cette vision des choses perdure encore largement aujourd’hui sans être vraiment fondée scientifiquement. On le sent en particulier dans l’enseignement : que ce soit en primaire ou au collège puis au lycée la place des humanistes et de la Renaissance est souvent surestimée.
Parce qu’enfin, la perspective, pour prendre cet exemple, n’est jamais qu’un acquis mathématique, on peut être civilisé sans perspective. La Renaissance n’est pas forcément une période idyllique : prenez le sac de Rome en 1527, les guerres de religion en Allemagne puis en France, l’inquisition en Espagne, et j’en passe.
Un autre problème qui nous touche quant à la définition de la Renaissance est d’ordre chronologique. La Renaissance commence dès le XVe siècle en Italien voire dès la fin du XIVe siècle pour certaines avancées picturales. En France, cela arrive beaucoup plus tard. La guerre de cent ans est souvent considérée comme la cause de ce retard, mais je n’en suis pas si sûre. Toujours est-il que la Renaissance commence vraiment avec le règne de François Ier. Peut-être parce que la Renaissance se caractérise justement par un mécénat très important et que François Ier est le premier à avoir une politique de mécénat large.
Mais pourquoi je vous raconte tout ça ?
Pour vous dire qu’il ne faut pas croire trop vite ce que disent les livres et que quand on aborde la Renaissance, on aborde d’abord un écran de fumée. D’ailleurs j’y retourne vous préparer quelques posts sur la question.