Kafkaien est un adjectif qui vient de l'auteur Kafka, le pauvre n'en méritait probablement pas tant ! Kafkatien se dit d'une situation particulièrement compliquée et dont on ne sait pas trop comment se sortir. S'applique en particulier à la bureaucratie. Le kafkaiophile est donc le collectionneur de problèmes administratifs. Et en la matière, je commence à avoir accumulé en 2 semaines une très belle collection.
L'été avait pourtant bien commencé : toutes les formalités pour le bébé étaient faites en temps et en heure (un vrai exploit !) et j'avais obtenu pour les 3 ans à venir une allocation de recherche pour faire ma thèse sans avoir d'élèves sur les bras. Bien sûr il y a des gens qui font leur thèse en même temps qu'ils donnent leurs cours, mais ce sont soit des martiens soit des personnes qui ont trouvé moyen d'avoir des journées de 48h.
Et puis depuis le vendredi avant la rentrée, rien ne va plus : d'abord le rectorat a refusé de me laisser partir pour l'université, parce qu'il n'y a pas assez de profs d'histoire. D'un autre coté, c'est pas avec la suppression de 11 000 postes qu'il risque d'y avoir de l'excédent. Ironie du sort, je n'ai toujours pas d'élèves. Toujours est-il que je suis bonne pour préparer un recours gracieux. Eh bien ça m'a pris un peu plus d'une semaine pour réunir tous les éléments : appel aux syndicats, à mon directeur de recherche, au président de l'université, à des collègues ayant connu la même situation. Bref tous les moyens sont bons pour faire bouger les choses. J'ai réuni des tas de lettres et tout ça devrait partir demain.
En même temps je n'ai pas que ça à m'occuper il faut aussi que je remplisse les papiers qui me permettront de postuler à un poste d'enseignant à l'université et le dossier pour la thèse... Que de papiers ! Tant est si bien que j'en suis à 2 aller-retour journalier pour la fac depuis lundi... Heureusement que je n'habite qu'à 20 minutes de là.
Parce qu'on a jamais le bon formulaire ou la bonne personne et que bien sûr une fois sur deux le bureau qui m'intéresse n'est pas ouvert : il ne travaille que le matin, pas le mercredi ou qu'entre 10h30 et 12h30 et ne rouvre qu'à 14h. En plus l'Ufr d'histoire est sans dessus-dessous puisqu'il y a 5 professeurs qui sont partis à la retraite et que le directeur administratif est parti sans préavis en juillet : entre les inscriptions et les rattrapages, je ne vous raconte pas le bazar !
Vous n'avez pas tout compris à ce que je raconte, rassurez-vous moi non plus.
Hier, voilà que le rectorat m'apelle pour un remplacement à l'année à saint Cloud : pas loin de chez moi (moins que d'habitude), dans un super quartier. Sauf que mon congé maternité commence dans 15 jours, ce ne serait pas très fair play d'accepter puisque si je dis oui, j'occupe un poste à l'année alors que quelqu'un pourrait l'avoir à ma place et que moi je ne suis pas en mesure d'assurer le poste (et je préférerais de toute façon aller à la fac).
Ce matin à midi, le proviseur adjoint entend mes arguments, je me dis ça y est, je suis tranquille jusqu'au congé maternité... jusqu'à 14h15 où je reçois un coup de fil du rectorat : comment ça vous partez en congé maternité, mais le rectorat n'a aucun document... Alors là je suis perplexe... Et je ne sais même pas pourquoi je me fais engueuler. Bref il semblerait que la déclaration de grossesse que j'avais remis à mon établissement en mai se soit perdu et que personne ne s'en soit rendu compte. Ils vont chercher... Comme j'ai super confiance, je leur ai renvoyé une copie avec accusé de reception (pas folle la guèpe).
Ben je vais vous dire, ces histoires me bouffent et je n'en peux plus. Je vous préviens, le premier qui me dit que le stress n'est pas bon pour le bébé, je pleure, nah !
Par contre je suis preneuse de tous prières, pensées positives, cierges et autres formes de soutien qui pourraient porter leur fruits.
C'est incroyable qu'avec autant de gens de bonne volonté les choses marchent si mal !