Pendant les vacances, j'ai lu un livre passionnant sur l'histoire de la lingerie :

Et dans une brocante au fin fond du Périgord, je suis tombée sur ça :

Ils datent probablement du début du siècle et sont en superbe état. D'après la vendeuse ils n'ont jamais été portés, ce qui est en effet fort possible. Comme ils étaient à un tiers du prix où je les aurait trouvé à Paris, j'ai craqué... sans trop savoir si je pourrais les porter un jour, gros ventre oblige.
Et ils m'ont donné envie d'écrire une
histoire de la petite culotte (je sais, c'est osé !)
Notre histoire commence avec Catherine de Médicis. Pourquoi elle ? Parce qu'on sait que Catherine de Médicis portait un pantalon quand elle monatait à cheval pour que les hommes ne voient pas "son hérisson "(sic). On sait aussi qu'au Moyen Age les seuls sous-vêtements féminins sont des chemises et que rien n'est prévu pour le bas, comme le montre certaines enluminures, je pense en particuliers aux très riches heures du duc de Berry.

On ne voit pas bien mais si vous regardez de près le couple en train de se chauffer au fond de la maison, vous verrez... ben justement qu'il n'y a rien.
Donc à partir de la Renaissance, apprait chez les nobles françaises l'habitutde de porter un pantalon pour monter à cheval, sport particulièrement courru alors et unique moyen de déplacement après la marche à pied. Mais à part ce témoignage de Catherine de Médicis, je ne connaît pas d'autres apparitions du pantalon jusqu'au XIXe siècle.
Le pantalon revient au début du XIXe siècle, sous la Restauration, mais il n'est alors porté que par les petites filles (et les petits garçons qui portent des robes jusqu'à 7 ans). Le sport et les sorties dans la nature sont encouragés pour le développement de l'enfant et les pantalons doivent préserver l'intimité des petites filles. De plus les tenues d'enfant d'alors sont assez courtes :
C'est à partir du milieu du siècle que le port du pantalon fendu se répand chez les femmes. On peut lier cette révolution de dessous à l'invention de la crinoline qui, maintenant la robe très loin du corps laisse cruellement passer les courants d'air en hiver. Donc les jambes n'étaient plus protégées comme elles l'étaient par les jupons et pour ne pas mourir de froid appraît un nouveau sous-vetêment. Cela fait aussi partie de la tendance hygiéniste de l'époque, d'où le fait que les culottes soient fendues pour éviter la prolifération des miasmes. Les culottes non-fendues sont d'abord considérées comme non hygiéniques.

On raconte que la reine Victoria portait une nouvelle culotte chaque jour et ne reportait jamais une culotte qui avait déjà servie... Pratique pour sa lingère. Mais imaginez le monceau de culotte à la fin du règne de cette impératrice à la longue vie !
Du haut de la société, la mode du pantalon descend dans les autres classes et devient un élément incontournable du trousseau au début du XXe siècle. La première guerre mondiale est aussi un tournant puisque les culottes fermées vont progressivement remplacer les pantalons ouverts.
Après la première guerre mondiale viennent les années folles, la mode des garçonnes et des jupes mi-mollets. Les sous-vêtements s'adaptent donc à cette tendance en racourcissant. La culotte ne descend plus jusqu'au genou mais s'arrête mi cuisse et ressemble beaucoup à notre shorty actuel :

A cette époque apparaît la mode des sous-vêtements tout en un : la combinaison culotte. Autre grand changement : la couleur remplace le blanc dans les sous-vêtements :

Autre grande nouveauté des années 30 : l'invention de la gaine qui remplace le corset désormais tombé aux oubliettes. Bien vite on invente des gaines-culottes :

Cette invention est promise à une longue vie puisque dans les années 50 elle reste l'élément indispensable à porter sous les robes du new look et certaines sont siglées de la maison dior (celle-ci date de 1952).

Dernière invention de l'entre-deux guerre : le slip, ou culotte telle que nous la connaissons aujourd'hui. D'où vient-elle ? Du music hall !! Oh, scandale ! Pensez par exemple à Josephine Baker :
Les évolutions après-guerre sont moins marquantes : slip pour tous, gaines itou. 1965 voit la mode du panty qui remplace la gaine mais ne durera pas longtemps. Dans les années 80 arrivent les tangas et autres slip brésiliens, puis le string : là encore toutes les nouveautés osées viennent du monde du spectacle : cabaret, music-hall et revues, et passent progressivement dans le domaine de la lingerie courante.