L'histoire du costume est une grande aventure, que je vous propose de partager : anecdotes, mais aussi techniques de reconstitution ; costumes historiques, mais aussi costumes de film et de GN
Make do and mend : ça veut dire faire durer et raccommoder en anglais. C'était le titre d'une campagne "publicitaire" pendant la seconde guerre mondiale en Angleterre. Comme toutes les matières premières étaient réquisitionnées pour l'effort de guerre, il n'était pas facile de s'habiller d'autant plus que les vêtements étaient rationnés : il fallait un certain nombre de tickets pour obtenir un vêtement et le nombre de ticket était très limité. D'où la nécessité d'une campagne pour encourager les gens à économiser le plus possible, et qui s'adresse en particulier aux femmes qui à l'époque avaient toutes des bases en couture.
Voici quelques affiches. Celle du haut montre comment réutiliser des robes pour faire de nouveaux modèles en remplaçant les partie qui s'usent le plus vite (col, poignets) :
Les magasines féminins ont bien entendu beaucoup contribuer à faire connaître cette volonté politique.
A cette époque rien ne se perdait ou plus précisément personne ne pouvait se permettre le luxe de laisser des restes, des chutes. On utilisait donc les fins de pelotes pour fabriquer des gants en filet ou on les insérait dans des pulls aux nombreux motifs de Jacquard : ainsi on utilisait les restes et on se fabriquait un modèle unique.
Exemples de magasines féminins qui présentent des modèles pour réutiliser les fins de pelotes :

A cette époque les femmes expriment un vrai besoin de se distinguer des autres par leurs vêtements, en les personnalisant, d'autant plus que les vêtements que l'on trouvaient alors dans le commerce étaient assez ternes et tous semblables.
Ce qui me fait me demander : sommes-nous donc dans une situation aussi désepérée que les Anglais en 40 pour avoir autant besoin de la customisation ? Nous sentons- nous aussi menacés ?