Quels tissus utilisaient les Romains ? Et les hommes du Moyen Age ? Quand a-t-on importé la soie en Occident ? Quand furent inventées les premières étoffes synthétiques ?
Parce que le tissu fait beaucoup à l'aspect du vêtement. Parce qu'un drapé ne rend pas de la même façon selon la fibre qui le compose. Parce qu'on peine aujourd'hui à imaginer
la rigidité des velours victoriens. Parce qu'on ne peut décidément pas faire un costume médiéval en panne de velour... Voici un petit tour d'horizon des époques et des textiles que l'on y
utilisait.
Préhistoire :
On pense bien sûr aux peaux de bêtes, raclées à l'aide de silex pour oter les résidus de chair et de graisse. Avec l'agriculture se développe la culture des plantes
productrices de fibres, et surtout du lin particulièrement adapté au climat du croissant fertile.
Antiquité.
Egypte ancienne :
La toile de lin est la lpus courante. Blanche le plus souvent. Une plante et un tissu adaptés au climat. Il y a aussi des vêtements de laine mais cette étoffe est
considérée comme impure.
Mésopotamie :
Depuis les Sumériens, la laine est utilisée dans la région. Les couleurs sont très riches (rouge et orange surtout). Les Chaldéens tissent la laine de l'Iran et la soie d'Inde
et de Chine.
Grèce Antique :
D'abord de la laine, puis du lin pour le vêtement de dessous et de la laine pour le vêtement de dessus. Au Ve siècle, l'influence de l'Asie met à la mode les étoffes fines,
décorées d'un semis ou d'une bande de couleurs vives. Les teintures sont le safran, de nombreuses nuances de pourpre et le vert.
Gaule :
Les lainages rudes et à longs poils des Atrébates (Artois), des Séquanes (Franche-Comté) et des Santones (Saintonge) sont réputées ; les étoffes sont souvent rayées de couleurs
éclatantes. Les gaulois apprécient particulièrement les carreaux (ce que nous appélerions les tissus écossais).
Moyen Age.
Byzance :
On tisse la laine et la toile pour lesquelles les manufactures de Corinthe et de Thèbes sont célèbres dans toute l'Europe. On tisse la soie dans tout l'empire à partir du VIe
siècle, tout en continuant à importer des soieries de Chines, plus belles. C'est de l'empire byzantin que proviennent les rares soieries qui parviennent en Occident. Les tissus portés à la cour
sont particulièrement splendide tant par leur teinture que par leurs broderies.
Haut Moyen Age :
La production est surtout domestique, ce sont principalement des lainages. Arras, Limoges, Lyon et Metz fabriquent des etoffes brochées d'or. Pour les vêtements de
dessous les toiles de Neustrie (nord de la France) sont réputées. Les soieries proviennent d'Orient et de Sicile.
Epoque romane (XIe-XIIe siècle) :
La production de drap se développe et sort du cadre domestique pour devenir un artisanat urbain. Les lainages sont fabriqués en Flandre, Picardie, Champagne et Languedoc. Les
qualités sont variables selon les régions.
Le coton est acclimaté et travaillé en Italie. La futaine est un tissu de laine et coton.
Les croisades mettent en contact l'Orient et l'Occident, l'usage de soierie devient plus courant dans les classes les plus aisées, le tissage de la soie se répand en Italie
(Venise d'abord) et dans quelques régions de France (Limoges et Périgueux grâce à des comptoirs vénitiens). Principaux tissus de soie : cendal (variété de taffetas), ostérin (drap de soie broché
teint de pourpre), siglaton (brocard), samit (drap de soie), mollequin (mousseline).
Le XIIIe siècle :
Le drap (de laine) domine. Le plus estimé vient des manufactures du Nord. L'écarlate et le vert sont à la mode, mais aussi des étoffes à rayures et des étoffes à carreaux (on
dit échiquetées).
On commence à tisser de la soie en France avec les produits d'Italie (Gênes, Florence, Lucques) : crèpe de soie, camelot (mélange de soie et de cachemire), veluel ou velloux
qui désigne le velours.
Le XIVe siècle :
La période 1340-1380 est caractérisée par la prédominance de la soie sur le drap. On utilise toujous les lainages (appelés écarlates) de Bruxelles, d'Ypres (l'yraigne) ou de
Gand (le rayé). Ces lainages sont imités à Rouen et à) Montivilliers. Les velours et la soie brochée d'Alexandrie et d'Italie ont cependant toutes les préférences.
Le XVe siècle :
Drap, serge, toile, velours, satin, damas sont généralement décorés : tramés, brochés, garnis d'applications, échiquetés. Les couleurs de fond sont souvent assez sombres : verts,
bruns, pourpres, gris, noirs, et même amarante.
L'époque moderne.
Le XVIe siècle :
Les tissus employés restent les mêmes : laine pour tous et soie pour les plus riches. La grande nouveauté est le tricot, en particulier utilisé pour les bas et les chausses. Le
mouchoir apparaît.
Le règne de Louis XIII :
Pour les costumes riches, les étoffes sont nombreuses et couteuses : drap, satin, soie, brocart, velours, damas, taffetas. Les couleurs sont variées et s'assombrissent vers la
fin du règne. La dentelle est en vogue, on préfère celle à l'aiguille, mais celle aux fuseaux se développe aussi.
Le règne de Louis XIV :
Les manufactures développées sous l'impulsion de Colbert fournissent des étoofes de prix. On en importe aussi d'Inde et de Chine qui connaissent un fort engouement. Les
premières indiennes imprimées arrivent en Europe avant de connaître une mode très importante au XVIIIe siècle.
La somptuosité atteint son sommet de 1660 à 1685.
Les règnes de Louis XV et Louis XVI :
Les étoffes vont de la serge et du drap au brocart d'or et de soie, en passant par les velours (velours de Gênes, velours ciselé, satins damas...) plus généralement les
soieries épaisses (taffetas, basin de soie et coton, nankin et coutil pour l'été). La fureur des étoffes imprimées des Indes continue. Malgré l'interdiction d'importation elles pénètrent en
fraude. En 1760, Oberkampf en fabrique à Jouy-eb-Josas.
Le goût des couleurs va vers l'harmonie, on trouve même des tenues de couleurs unies.
La Révolution :
Les circonstances entrainent une nouvelle simplicité dans le choix des textiles. Les femmes utilisent davantage la toile de Jouy et autres tissus modestes que le satin ou le
taffetas, les hommes le drap. Le tricolore est à la mode.
Le XIXe siècle.
Le premier empire :
Le velours, la levantine et le cachemire sont utilisés pour l'hiver, la percale, le satin, la toile imprimée et la mousseline anglaise ou turque pour l'été. Les redingotes sont
en mérinos ou en drap.
La Restauration :
Velours, levantine, broché, gros de Naples, satin, gaze, tulle popeline, zinzoline, organdi.
La Monarchie de Juillet :
Le luxe réapparaît avec la prospérité économique et on emploie des tissus somptueux pour le gilet masculin : velours, satin broché, piqué, casimir, et la toilette féminine.
Pour les robes on emploie le velours (turc, broché, épinglé, piqué...), le satin le lampas, le gros de Naples, le poult de soie, le foulard, le taffetas, le tulle illusion, la mousseline de
l'Inde, les gazes (du Pérou...). Les chales sont en cachemire.
Le second empire :
Les lourdes soieries dominent et l'emportent sur les velours. L'été on porte jaconas, barège, brillantine, tulle, beaucoup de dentelles (Chantilly surtout), de rubans.
Les couleurs sont claires.
La IIIe république :
Les étoffes sont moins riches après la guerre de 1870 : drap, alpaca, jaconas, un peu de velours et de satin. Le luxe redémarre dès 1880 : veloutine peluche, faille, sicilienne,
bengaline, broché, surah, foulard.
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